LA PROPAGANDE MASSIVE DE L’UE
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L’UE devient de plus en plus un Etat colossal, un Etat difficile à
classer au point de vue du droit public. Elle ressemble davantage à un
Etat féodal du bas Moyen Age ou à l’Arabie saoudite qu’à une
démocratie. Il revient aux spécialistes en droit public de dire ce qui
relève du loup autocratique et du mouton démocratique, tâche à
laquelle ils doivent s’atteler. Hans-Peter Martin y fait brièvement
allusion dans l’introduction de son ouvrage «Die Europafalle». Que
cette tromperie soit dissimulée par des offensives de propagande est
bien dans la nature de cette structure de pouvoir.
Extrait:*
Notez
Jeudi 12 Novembre 2009
Face à la structure européenne et à ses Etats membres, tous les pères
fondateurs d’une démocratie occidentale doivent se sentir trahis. Et à
Bruxelles, comme à Strasbourg, le malaise grandit. Mais au lieu de
relever le défi des défauts de construction de l’Union européenne, on
préfère les camoufler.
La devise est: La propagande plutôt qu’une réforme fondamentale. C’est
l’option prise par la Suédoise Margot Wallström, commissaire chargée
de la communication. Lors des élections au Parlement européen de juin
2009, elle a, dans une lettre personnelle, adressé une mise en garde à
Hans-Gert Pöttering, président du Parlement européen: «La légitimité
de votre Parlement et de toute l’Union européenne est en jeu.» La
recette: une offensive médiatique comme on n’en a jamais vu.
«Grâce à nos contacts, nous demanderons aux radios et aux télévisions
de diffuser davantage d’émissions sur l’Union européenne et les
questions européennes», écrit-elle.1 Les représentations de la
Commission européenne dans les Etats membres mettront au point leurs
«opérations de communication en conséquence». Le budget prévu à cette
fin est de 17 millions d’euros. A la fin de sa lettre, la vice-
présidente de la Commission européenne rassure le Président: «Comme
vous pouvez le constater, les opérations prévues sont importantes.»
La procédure à suivre figure dans un appel d’offres concernant les
émissions consacrées à l’UE. Il y est notamment demandé que les
chaînes candidates indiquent non seulement «les noms, fonctions et
connaissances linguistiques de leur personnel, en particulier de leurs
journalistes» mais aussi leur philosophie rédactionnelle et s’engagent
«à diffuser les programmes européens régulièrement et à des heures de
grande écoute.»2 Lorsque ce projet a été révélé, à l’automne 2008, la
«Frankfurter Allgemeine Zeitung» a publié dans ses pages culturelles
un article intitulé: «L’UE achète des reportages». Le sous-titre
était: «A peine croyable: L’UE paie pour qu’on parle d’elle de manière
favorable».3
Pourtant, on n’est guère sensible à ce genre de critique à Bruxelles.
Bien au contraire. Le Parlement européen avait voté, dans son budget
officiel, en plus du montant de la proposition de Wallström, 11,3
millions d’euros pour une «campagne d’information et de communication»
relative aux élections de 2009. Mais dès la fin 2008, le montant
s’élevait à plus du double, soit 23,3 millions d’euros.4 La
réalisation de ces opérations et leur financement sont de toute façon
l’affaire des Etats membres. De même, les budgets des groupes
parlementaires «pour le travail d’information relatif aux élections
européennes ont-ils été augmentées de plus de 11 % pour atteindre 56,7
millions.»5
L’astuce était la suivante: Ces augmentations reposaient sur des
transferts budgétaires décidés au sein de la Commission du budget à la
demande du Président et non pas en séance plénière. Ainsi, quasiment
personne ne s’en est aperçu. Tout cela fait partie d’une nouvelle
stratégie de propagande subtile censée donner de l’Union européenne
une idée plus favorable que celle offerte par la réalité politique.
Ainsi, selon un ambassadeur de longue date auprès de l’UE «certains
médias, notamment le Financial Times, jouissent d’un accès privilégié
à la Commission et sont favorisés pour le lancement d’informations
exclusives à diffuser avant la publication de rapports», procédure
tout à fait naturelle à Bruxelles.6
On atteint des sommes considérables lorsqu’on additionne tout l’argent
dépensé pour la propagande européenne. A cela s’ajoute le parrainage
de manifestations culturelles visant à promouvoir un esprit européen,
ou encore les innombrables cérémonies auxquelles participent les
politiciens de l’UE. Pour 2008, on arrive à un montant de 2,4
milliards d’euros d’argent des contribuables dépensés pour soigner
l’image de l’UE – davantage que ce que dépense annuellement le groupe
Coca-Cola pour sa publicité à l’échelle mondiale!
hd. Peut-être le conseiller fédéral Leuenberger ferait-il mieux de
régler tout de suite les affaires qui lui tiennent à cœur avec Coca-
Cola. Il en obtiendrait un bon supplément de retraite et certainement
aussi un pouvoir important. Après son départ, il aurait moins de
comptes à rendre à ses concitoyens.
1 Lettre de Margot Wallström à Hans-Gert
Pöttering, 1/12/08.
2 Focus, 29/9/08.
3 Frankfurter Allgemeine Zeitung, 30/9/08,
p. 42.
4 Hans-Gert Pöttering, Request for transfer of appropriations C30,
to Reimer Böge, Chairman of the Committee on Budgets, 27/11/08, no
320219.
5 Hans-Gert Pöttering, Request for transfer of appropriations C31,
to Reimer Böge, Chairman
of the Committee on Budgets, 24/11/08.
6 Gregor Woschnagg, in: Hinter den Kulissen
der EU, Vienne, 2007, p. 69.
7 Berechnungen von Open Europe, dépêche
de DPA du 26/12/08.
* Extrait de: «Die Europafalle. Das Ende von Demokratie und
Wohlstand.» [Le Piège de l’Europe. Fin de la démocratie et de la
prospérité.] ISBN 978-3-492-04671-8, pp. 23 sqq.
(Traduction Horizons et débats )